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Louis
XIII (le Juste)
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Louis XIII (le Juste)
Naissance : Fontainebleau, 1601
- Décès : Saint-Germain-en-Laye,
1643
Bourbons
Roi :
France de 1610 à 1643
Fils de
Henri IV (le Grand) et
Marie de Médicis
Frère de Nicolas, Gaston d'Orléans,
Henriette-Marie de France, Christine
de France et Elisabeth de France
Demi-frère de Alexandre,
Catherine-Henriette de Bourbon,
César, Gaston Henri, Gabrielle
Angélique, Jeanne-Baptiste,
Marie-Henriette et Antoine
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L’apprentissage du métier de roi
Louis XIII,
décrit par les mémorialistes de l’époque
comme un être renfermé et taciturne,
possédait en fait une psychologie plus
complexe. Très pieux (il devait, en 1638,
mettre la France sous la protection de la
Vierge Marie et rédiger, avec son
confesseur, le père Caussin, un livre de
prières), imbu de la grandeur royale, mais
souffrant d’une affection chronique (plus
tard identifiée comme la maladie de Crohn)
qui se traduisait par des crises de fièvre
et de violents maux d’estomac, et sujet à
des accès de mélancolie comme à des
engouements passionnés, il se montra certes
influençable pendant sa jeunesse, mais sut
aussi tenir tête à sa mère et faire preuve
de fermeté. En 1617, le jeune roi, conseillé
par son confident, Charles d’Albert, duc de
Luynes, congédia brusquement Concini, qu’il
fit assassiner, et exila sa mère.
Mais ce coup de force ne fit que remplacer
un favori par un autre; Luynes, nommé
connétable, accumulant titres et honneurs,
se montra un médiocre ministre. À l’origine
d’une politique de rapprochement avec les
Habsbourgs, alors que ceux-ci travaillaient
sans relâche à modifier l’équilibre européen
en leur faveur, il poussa le roi à exiger la
restitution des biens ecclésiastiques en
Béarn, ce qui provoqua un nouveau
soulèvement des huguenots, tout en excitant
contre sa personne l’hostilité de la
noblesse ; réunis derrière Marie de Médicis,
les Grands livrèrent une courte lutte armée
contre le pouvoir central, mais durent
capituler aux Ponts-de-Cé, en août 1620.
Le duc de Luynes ayant
trouvé la mort peu après le siège
infructueux de Montauban en 1621, Louis XIII,
décidé à participer davantage aux affaires
de l’État, gouverna avec Brûlart de Sillery
et son fils, le marquis de Puisieux, ainsi
qu’avec La Vieuville,
refusant dès lors de se lier à un seul
ministre. En 1624, dans l’espoir de
reconquérir son influence politique, Marie
de Médicis convainquit Louis XIII
de faire entrer au Conseil le cardinal de
Richelieu, qui jouissait d’une grande
réputation malgré ses liens passés avec
Concini. Louis XIII,
éprouvant d’abord peu de sympathie pour le
personnage, se laissa peu à peu convaincre
par sa force de caractère et par sa volonté
inlassablement réaffirmée de s’opposer à la
maison d’Autriche
; il ne tarda pas à en faire son principal
ministre.
Le gouvernement de Richelieu
Avec Richelieu, Louis XIII
forma une association très étroite, à tel
point que l’on a parfois décrit, y compris à
l’époque, le souverain comme un fantoche. En
fait, entre ces deux hommes, que lia vers la
fin de leur vie une réelle affection, il y
eut toujours un partage des responsabilités,
et jamais le roi, extrêmement jaloux de ses
prérogatives, ne se désintéressa de la
gestion quotidienne du royaume, même s’il se
consacrait plus particulièrement aux
affaires militaires.
Les deux hommes
partageaient une même conception de la
grandeur de la France et des priorités qui
s’imposaient dans le domaine politique :
à l’intérieur, pacifier le pays, depuis trop
longtemps en butte à l’agitation de la
noblesse et continuellement menacé par la
puissance des protestants, devenus un État
dans l’État
; à l’extérieur, reprendre la lutte contre
la maison d’Autriche.
Cette politique se
concrétisa par la reprise de l’affrontement
avec les protestants, qui s’acheva en 1628,
après le siège de La Rochelle,
auquel le roi avait personnellement
participé. La reddition de la ville
huguenote fut suivie de la promulgation de
l’édit de grâce d’Alès (28 juin
1629), interdisant les assemblées politiques
et supprimant les places de sûreté
protestantes.
Pourtant, peu après ce
qui était incontestablement un succès dû à
la ténacité de son ministre, Louis XIII
dut faire face à l’offensive d’une partie de
la famille royale contre Richelieu. La
journée des Dupes (11 novembre
1630), pendant laquelle la cour crut le
cardinal congédié, à la suite d’une violente
altercation entre le roi et la reine mère,
se termina par un triomphe éclatant du
ministre
; son principal ennemi, le garde des Sceaux
Michel de Marillac fut écarté, tandis que la
reine était à nouveau contrainte à l’exil.
Peu après, Gaston
d’Orléans, le frère du roi, d’autant plus
indiscipliné que le couple royal n’avait
toujours pas de descendance, tenta de
soulever l’Orléanais puis se réfugia en
Lorraine auprès du duc Charles IV,
fidèle soutien des Habsbourgs. La
réconciliation entre Louis XIII
et son frère, déjà compromis dans la
conspiration de Chalais (1626), ne devait
avoir lieu qu’en 1634. Enfin, l’exécution du
duc de Montmorency (1632), qui avait tenté
de soulever le Languedoc, manifesta encore
une fois la détermination de Louis XIII
et de Richelieu à affirmer l’autorité royale
contre toutes les velléités d’opposition.
L’édit interdisant les duels, dont la
transgression par Montmorency-Bouteville, en
1627, avait provoqué son exécution,
procédait de la même logique.
Si le projet de
"rabaisser l’orgueil des Grands", consigné
par Richelieu dans ses Mémoires, fut à peu
près atteint à partir de cette époque, ce
furent les affaires étrangères, avec
l’internationalisation de la guerre de
Trente Ans, qui accaparèrent désormais les
affaires du gouvernement. Entre 1630 et
1635, la France, alliée à Gustave II
Adolphe par le traité de Bärwalde (1631),
lutta de manière indirecte contre les
Habsbourgs, en soutenant la Suède
protestante et en faisant quelques
incursions armées dans les terres d’Empire,
en Alsace, en Lorraine et en Italie du Nord;
mais, lorsque la Suède subit d’importants
revers, l’affrontement direct contre
l’Espagne apparut inévitable et Louis XIII
prit personnellement la tête des opérations
militaires.
La guerre, dont l’issue
demeura incertaine jusqu’à la victoire de
Condé à Rocroi (1643), imposa de lourds
sacrifices au royaume :
elle se traduisit par une augmentation du
montant de la taille et, en matière
administrative, par un renforcement du rôle
des intendants.
La
naissance d’un héritier, le futur Louis XIV
(1638), et la conspiration du favori du roi,
Cinq-Mars, et de son ami François-Auguste de
Thou, qui avaient comploté avec Gaston
d’Orléans, furent les derniers événements
majeurs du règne. À la mort de Richelieu, le
4 décembre
1642, le roi fit entrer Mazarin au Conseil,
sur les recommandations de Richelieu. La
mort du roi, le 14 mai
1643, ouvrit une période instable, qui
devait déboucher sur la Fronde.
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